jeudi 28 octobre 2010

D'une jubilation et d'une déception asiatiques


En un week-end, Montréal multiple a testé deux restos asiatiques pour vous. Les deux expériences n'auraient pas pu être plus, heu, divergentes.

Vendredi soir, 21h, nous avons mis la cap sur Kazu, la petite brasserie japonaise (izakaya) vantée par notre collègue de La Presse, Marie-Claude Lortie. L'endroit, située sur Saint-Catherine, dans le ghetto Concordia, ne paye pas de mine. Quatre-cinq tables. Quelques places au bar. Et une odeur de fumée assez asphyxiante en entrant.

Mais tout le reste est parfaitement sympathique: des suggestions de plats écrites à la main et épinglées sur le mur à la serveuse ultra-discrète. Mais c'est dans l'assiette que ça se passe. Nous sommes tombés en extase devant la crêpe aux crevettes et celle au chou. Le carpaccio de boeuf. Le plat de porc bbq ultra fin. Nous avons bu une bonne razzia de vodka aux prunes. Avons adoré la crème glacée au thé vert faite maison. Des endroits comme celui ci, on en veut des tonnes dans le Montréal multiple.

Samedi soir, nous avons opté pour ce que nous croyions être une valeur sûre: le restaurant coréen Hwang Kum, dans Notre-Dame-de-Grâce. On nous avait aussi dit le plus grand bien de cet endroit. Nous sommes arrivés vers 7h et avons attendu 1h en ligne. Déjà, nos nerfs étaient mis à l'épreuve. Nous avons ensuite attendu 30 minutes avant que la serveuse vienne desservir la table où nous avions pris place. Grrrr! Un autre 15 minutes pour avoir le menu. J'ai dû me lever pour aller chercher l'ouvre-bouteille pour ouvrir ma bière. Quand nous avons dit que nous gelions, la serveuse a haussé les épaules en nous disant que c'était la faute du frigidaire derrière nous. Grrrrrrrrrr! Brrrrrrrr! Ayant pitiée de nous, un gentil client a remarqué que le chef avait en fait laissé la porte grand ouverte et l'a fermée. Nous l'en remercions encore. Les plats étaient bien, mais étant donné notre état d'énervement à leur arrivée, nous l'avons à peine remarqué. Nous somems repartis penauds, en nous promettant de ne pas revenir (pas maso, le Montréal multiple) et ce, même si le kalbi (la viande bbbq) avait un petit goût de revenez-y. Était-ce la faute du samedi soir ou d'un manque de personnel? Nous l'ignorons. Nous n'avons eu droit à aucune excuse ou explication. La prochaine fois, on va retourner au bon vieux Bulgogi de la rue Sainte-Catherine ouest où le décor est plus que «drab», mais où on a un peu de considération pour les clients. Ou encore au charmant restaurant Miga sur le Plateau.

D'autres suggestions pour les amateurs de kimchi, lecteurs du Montréal multiple?

Les adresses:

Kazu
1862 Sainte-Catherine Ouest


La Maison Bulgogi
2127 Sainte-Catherine Ouest


Miga
423 rue Rachel est



L.-J.P.

lundi 25 octobre 2010

Révélations! Musique!

Montréal multiple vous revient gonflé à bloc, après son weekend évangélique haïtien.

N'allez pas croire qu'on a eu la révélation. Ou que la conversion est proche. Nous sommes - et resterons - athées comme des cuillers. Mais pour ce qui est de sortir de l'ordinaire, disons qu'on a été comblés. Pas mal plus original que Pop Montréal...

On n'imagine pas l'importance des églises dites "de réveil" dans le Montréal multiculturel. Mais elles sont partout. Chez les latinos. Chez les Africains. Chez les Asiatiques et on en passe.

Chez les Haïtiens, les églises évangéliques sont si populaires, qu'en plus des messes dominicales, elles organisent des événements spéciaux sur une base régulière. De fait, c'était au moins la troisième fois cette année, que le Festival évangélique de Montréal avait lieu. Encore une fois, ça se passait au Complexe Cristina, LA salle haïtienne de Montréal. Et encore une fois, toutes les stars du cricuit "konpa évangélique" y étaient, des Frères Deronnette, à Ti-Bob, passant par Maggie Blanchard, Chorale de la Prophétie, Limage Pierre et Junior Sander.

Samedi soir, on est tombés un peu par hasard sur les plus grosses vedettes de la fin de semaine: le groupe Révélation Mizik, de Miami. On n'a pas été déçus. Menés par le charismatique Rossiny Brénélus, ce combo mystique mélange textes religieux et rythmes haïtiens. Ça donne un concert très dansant, mais aussi pas loin de la transe fervente, qui attire les jeunes et leur donne le goût
de revenir au bercail.

Ce Brénélus - qui ressemble assez au chanteur reggae Jimmy Cliff - est manifestement "dedans" quand il chante, comme possédé par sa propre musique. En plus, les jeunes filles ont l'air de le trouver assez mignon, ce qui rajoute à son "star power". Selon ce qu'on sait, le jeune homme aurait été visité par Jésus dans sa chambre d'hopital, après un grave accident d'auto (c'est lui qui le dit...) Il a eu la révélation divine, d'où le nom de son groupe. Révélation Mizik est actuellement considéré comme le groupe le plus "hot" du circuit pop évangélique et ce, dans toute la diaspora haïtienne d'Amérique du Nord.

A la fin du concert, on vendait des souvenirs et des albums de la formation. On s'est achetés une serviette de bain rouge et blanche, sur laquelle il était écrit "Le sang de Jésus" et un truc en créole qu'on ne comprenait pas. Et puis, on a rencontré un jeune chanteur évangélique de Montréal qui s'appelle Junior Sandaire. Un grand romantique habité par la foi. Pas aussi connu que Révélation Mizik, mais déjà en "business" malgré tout... Debout derrière une table, il vendait ses deux albums, des DVD de ses concerts et de ses vidéoclips. Il nous a expliqué qu'il ne faisait pas ça pour l'argent mais par vocation. Que des fois il allait chanter dans des églises à Boston et à New York. Et qu'il y croyait très fort.

Alors voilà. On s'est dit qu'on n'allait pas vous laisser comme ça, sans un peu de musique. Voici donc un clip home made de Junior Sandaire, tourné à Montréal, sur le trottoir entre deux bagnoles. C'est ce qu'on appelle du petit budget. Mais au moins, en voilà un qui n'a pas attendu après des subventions.

Hallelujah!!!



J.-C.L