samedi 8 mai 2010

Carifête: ça grogne chez les Caribbéens

L’annulation de la 36e Carifête ne fait pas la joie des Caribéens de Montréal. La communauté accuse la Ville de ne pas avoir pris ses responsabilités, en préférant « canceller » l’événement, plutôt que de trancher en faveur l’un ou l’autre des deux groupes rivaux (CCFA et MCDF) qui en revendiquent l’organisation. 
Voilà peut-être, ironiquement, le seul point sur lequel la CCFA (Association des festivités culturelles des Caraïbes) et la MCDF (Fondation de Développement du Carnaval de Montréal) sont d’accord : l’administration Tremblay a très mal géré ce dossier. Déjà l’an dernier, la Ville avait momentanément acheté la paix en donnant le permis de défiler aux deux groupes en même temps, ce qui n’avait fait le bonheur de personne. Pour les parties impliquées, annuler le défilé ne fait que rajouter l’insulte à l’injure. 
« La ville a géré toute cette histoire de façon proprement irresponsable, clame Henry Antoine, président de la MCDF. Qu’ils prennent une décision et on s’y tiendra. » 
« Le problème n’est pas tant la cancellation du défilé, que la façon dont la ville a évité de prendre une décision. Cela fait plus d’un an qu’ils sont au courant du dossier. Pourquoi n’ont-ils pas agi? » demande Keeton Clarke, porte-parole de la CCFA. La Ville aurait-elle dû faire un choix pour le bien être de tous? 
Pas nécessairement, se défend Mary Deros, responsable des communautés d’origines diverses au comité exécutif. « Si on avait tranché, il y aurait encore eu de la chicane. Et c’est encore la Ville qu’on aurait blâmée. » 
Tout semble pourtant pointer en faveur de la CCFA. Créée il y a 35 ans, cette organisation est la seule qui soit légitimement habilitée à réclamer la subvention de 30 000$ qui est annuellement octroyée à la Carifête. Réuni en septembre dernier à l’initiative de la Ville, un comité de « sages » de la communauté s’est par ailleurs clairement prononcé en faveur de la CCFA.  
« Pourquoi nous demander notre avis s’ils n’en tiennent pas compte? déplore le fondateur du Black Theater Workshop Clarence Bayne, qui faisait partie du groupe. C’est pourtant l’évidence. La grosse majorité de la communauté caribbéenne de Montréal est derrière la CCFA. Et pour être honnête, je ne connais pas grand monde qui soit derrière M. Antoine et la MCDF. Mais pour une raison qui m’échappe, cet homme a créé l’illusion à l’Hotel de Ville que plusieurs personnes étaient prêtes à le suivre. De ce que j’en sais, c’est tout le contraire. » 
Pour faire une histoire courte, Henry Antoine a créé la MCDF au début 2009, après avoir présidé la CCFA pendant quelques années. De jeunes Antillais ont repris les rennes de la CCFA, en espérant remettre la Carifête sur les rails, après une plusieurs éditions financièrement cahotiques, présentées sous la direction d’Henry Antoine - qui avait d'ailleurs été publiquement critiqué par le maire Tremblay en 2008. Chaque groupe prétendent aujourd’hui être la solution aux problèmes de la Carifête. 
Jusqu’ici, la Ville s’est contentée d’encourager la médiation et la réconciliation entre les deux camps. Mais il semble que la situation ait dépassé le point de non-retour.  Les deux parties se retrouveront en cour supérieure du Québec et un juge devrait trancher pour de bon le 28 juin. 
JCL

vendredi 7 mai 2010

Coup de pinceau iranien

Si vous n'avez pas encore de plan pour l'apéro ce soir, chaussez vos plus beaux souliers et accourez vers la galerie d'art Mekic (4438 de la Roche). L'artiste montréalais d'origine iranienne Khosro Berahmandi y expose ses nouvelles oeuvres sous le thème «Anneaux nébuleux» dans le cadre du festival Accès-Asie dont il est le directeur artistique. Son travail vaut le détour et la galerie Mekic aussi.

Pour voir le travail de Khosro en ligne

Pour en savoir plus sur la Galerie Mekic qui expose nombre d'artistes de la diaspora iranienne en plein coeur du Plateau Mont-Royal, cliquez .

jeudi 6 mai 2010

Veteranki

Pour ceux qui nous écoutant à la radio, ce billet ne sera pas une surprise. Mais pour ceux qui cherchent une manière originale de commémorer le 65e anniversaire de la fin de la Deuxième guerre mondiale, voici une suggestion de sortie.

Samedi, à l'école russe Gramota (abritée par le Collège Marie-de-France, 4675, Queen-Mary), des vétérans de la Grande guerre patriotique (la version russki de la Deuxième guerre mondiale) vont raconter leur histoire. Ça va se passer en russe, mais tous les élèves de l'école parlent français et vous ne devriez pas avoir de problèmes à vous trouver un traducteur.

Vous pourrez aussi visiter l'exposition «Souvenirs de guerre». Deux jeunes Russes qui appartiennent à une organisation qui, encore aujourd'hui, fait des fouilles sur les anciens champs de bataille, seront là pour parler de leurs trouvailles: des lettres d'amour retrouvées sur les dépouilles de soldats et de soldates de l'Armée rouge et même sur celles de soldats allemands, morts en Russie.

Si vous avez plus le coeur à la fête qu'à la commémoration, vous pouvez ensuite aller prendre un verre de vodka bien froide et manger des pelmeni au restaurant Pogrebok, situé tout près de là (5184A chemin de la Côte-des-Neiges). En soirée, party assuré.

Aussi, si vous voulez savoir quel genre de party à Moscou, regardez ce petit clip ;-)

mercredi 5 mai 2010

Klezmer de Constantinople

J'adore le klezmer. Adore. Depuis que j'ai vu le film L'homme est une femme comme les autres en, heu, 1995. Ah, clarinette, quand tu nous tiens.
L'an dernier, quand un groupe de klezmer en vogue est venu à Montréal, j'ai convaincu trois de mes copines de m'y accompagner. C'était au Kola Note. Je m'attendais à y croiser une gang de hipster du Mile End. Disons que le choc a été assez grand à notre arrivée. Il y avait nous et une cinquantaine de membres de la communauté juive de Montréal. Ils avaient tous au moins 70 ans.
Un monsieur bien mis, dans un costard noir, est venu nous demander pourquoi nous étions là. Quand je leur ai dit que j'adorais le klezmer, il a fait de grands yeux. "Mais mademoiselle, comprenez-vous le yiddish?" Il a ensuite traduit pour nous le thème de chacune des chansons.
Soirée mémorable s'il en est une, mais depuis, je me demande s'il y a d'autres fans de klezmer qui ne parlent pas yiddish dans cette ville.
Je compte vérifier la chose le 19 mai. Mes amis de l'ensemble Constantinople, dirigé par les Montréalais Kiya et Ziya Tabassian, deux virtuoses de la musique perse, reçoivent à la salle Pierre-Mercure les Klezmatics de New York. Un momument du klezmer ce groupe, avec un Grammy pour le prouver.
Au cas où vous voudriez vous joindre à moi et au monsieur en costard noir, allez les écouter à www.klezmatics.com

Et voici le site de Constantinople.

L.-J.P.


mardi 4 mai 2010

La face cachée du hassidisme

De l'extérieur, la communauté juive hassidique nous apparaît monolithique. Rigoureuse. Sans fissure. Mais elle est en réalité comme la nôtre. Avec ses marginaux et ses voix discordantes.
Qui croirait, par exemple, que l’homosexualité existe chez les ultraorthodoxes ? Et que des femmes «défroquent» pour devenir blogueuses et photographes? Présentés cette semaine à Montréal, les films Black Bus (au Cinéma du Parc) et Tu n'aimeras point(ce jeudi, dans le cadre du festival du film israëlien) traitent précisément de ces fascinantes questions.
Lisez paru samedi dernier dans La Presse.
Et si vous en voulez plus, voici la bande-annonce de Tu n'aimeras point.




Soit dit en passant, le se poursuit jusqu'au 12 mai. On vous suggère aussi le documentaire Lady Kul El Arab, qui sera présenté mercredi 5 mai au Cinéma du Parc. C'est l'histoire d'une jeune Palestinienne qui participe au concours Miss Isreël. Intrigant, pour le moins.
Extrait.


Montréal multiple: 3e au palmarès!!!

Bien bonne nouvelle ce matin. Le Guide du Montréal multiple est troisième au Palmarès de Renaud-Bray. On tenait à vous remercier.

Pour voir le palmarès, cliquez ici.

lundi 3 mai 2010

Syli d'Or: formule à revoir?

La grande finale des Syli d'or aura lieu ce jeudi 6 mai au Cabaret du Mile End (ancien Kola Note). Les finalistes sont les groupes Mayé (Madagascar/île Maurice/ La Réunion), Kabakuwo (Sénégal/Mali/Québec) et DjiDji (Côte d’Ivoire).
Sans rien enlever à ces formations, permettez qu'on émette un bémol. Car ces choix ne reflètent pas vraiment ceux du jury, dont nous faisions partie. Pour tout dire, il est absolument stupéfiant que les groupes Kebeko et Bambara Trans ne se retrouvent pas parmi les finalistes. A tous égards, ces deux formations étaient clairement au dessus de la mêlée.
Mais voilà. Le vote du jury n'est pas tout. Il y a aussi celui du public, qui comptait pour 40%. Ce système a du bon, démocratiquement parlant. Mais il repose essentiellement sur le nombre d'amis qui sont venus vous voir. Alors si vous avez un gros fan club, vous allez forcément péter un score. Par contre, si vous êtes génial mais qui vous n'avez aucun ami, vous êtes cuit.
Peut-être que les organisateurs de l'événement devraient revoir la formule. Les Syli d'or est le seul concours de musiques du monde à Montréal. Sa responsabilité est grande. Le choix des finalistes ne doit pas être le reflet d'un trip de popularité, mais du talent brut, de l'originalité et du potentiel d'avenir des artistes.
Entécas. Si on se fie sur ce qu'on a vu, le niveau sera quand même très bon.
C'est juste qu'il aurait pu être meilleur.

JCL

L'Asie montréalaise dans toute sa splendeur

L'Asie à Montréal. L'image du Chinatown surgit immédiatement dans nos têtes, mais quand Janet Lumb, une Montréalaise d'origine chinoise, a voulu mettre sur pied un festival célébrant le patrimoine asiatique de Montréal, elle a vu beaucoup plus grand que les portes colorées du Quartier chinois.

L'Asie, nous rappelle-t-elle depuis 15 ans, c'est certes la culture chinoise, japonaise et vietnamienne, mais c'est aussi la culture iranienne, une grande partie du monde arabe, le sous-continent indien... voire la moitié de la Russie. Encore une fois cette année, le festival Accès-Asie explore comment tout un continent a recréé de nouvelles racines à Montréal.

On vous en reparlera au cours des deux prochaines semaines. Le festival s'étendra du 6 au 22 mai. Pour l'événement de lancement, le festival a décidé de mettre en vedette un groupe....autochtone, l'ensemble vocal (et féminin) Odaya. C'est jeudi soir, de 17h à 19h dans le hall du Gésu (1200 Bleury, tout près du Métro Places-des-Arts). C'est gratuit.

Pour le reste de la programmation

dimanche 2 mai 2010

Voir l'Autre Montréal

Le Montréal multiple a beaucoup d'âmes soeurs dans cette ville et le collectif d'animation urbaine L'Autre Montréal en fait partie. Ce groupe vient tout juste de lancer sa nouvelle programmation et propose une tonne de visites guidées pour découvrir les multiples visages de Montréal. Une nouveauté intéressante cette année: l'Est des immigrants de l'Est, un grand tour des lieux marqués par l'immigration russe, ukrainienne et polonaise. On en parle dans le guide, mais L'Autre Montréal suggere de vous prendre par la main pour en faire le tour le 27 juin ou le 15 août. On y sera. Il y a aussi à l'horaire une visite intitulée «La courtepointe montréalaise: des premiers immigrants aux communautés culturelles d'aujourd'hui» (30 mai et 11 juillet). Âme soeur, vous dites?

Pour la programmation complète

Rima comme on l'aime

Cette semaine, notre collègue Rima Elkouri a consacré une chronique au Guide du Montréal multiple, Montréal comme on l'aime. Très flattés (eh oui!), nous la partageons avec vous.