samedi 13 février 2010

Montréal multiple trouve que Justin Trudeau est un type formidable.

On n'avait rien demandé du tout, et voilà que le député de Papineau nous offre gratuitement son calendrier 2010. C'est généreux. Et en plus, on avait vraiment besoin d'un calendrier.

L'objet est apparu comme par magie dans notre boîte aux lettres. Au début, on a pensé le mettre dans un bac vert. Mais quand on a vu ces photos fabuleuses, on s'est ravisés. Pas seulement à cause de son sourire charismatique, mais aussi parce que l'homme - pas le politicien, bien sûr - s'y révèle extraordinairement sensible à la réalité du Montréal ethnique.

Sérieux: dites-nous que Justin n'est pas ouvert sur le monde.

En février, il est l'ami des Noirs.

En avril, il est l'ami des Chinois.

En août, il s'habille en hindou.

En octobre, il trippe avec les Sikhs.

Personnellemnent, on a un petit faible pour la photo du mois du juin (ci-haut) qui résume à elle seule notre grand rêve d'un Québec pluraliste. C'est bien simple, tout est là: l'amitié avec un grand A, l'échange culturel et surtout, la décontraction...

Formidable, qu'on vous dit.

On l'air sarcastique là, mais détrompez-vous. Montréal Multiple est très, très content d'avoir reçu ce calendrier. On attend déjà celui de 2011...











J.-C.L
Définitivement, le 14 février est super occupé cet année. Mais rien n'arrivera à la cheville du début de l'année du dragon. Plus de 1,5 milliards de personnes souligneront l'événement. La diaspora chinoise de Montréal n'y manquera pas. Le Quartier chinois du centre-ville sera animé tout le week-end.

Les festivités commencent aujourd'hui, samedi, au Centre de loisirs Lajeunesse dans Villeray Où se tiendra le Festival de la culture chinoise du Grand Montréal. Le centre Pierre-Péladeau présente pour sa part ce soir et demain soir un grand spectacle mettant en vedette des dizaines d'artistes issus de la communauté chinoise.

Je suis certaine qu'il y a des milliers d'autres événements, alors, si vous en voyez d'autres, écrivez-nous! Je sais que mon co-auteur va à un party de nouvel an sino-mauritien (il me promet d'ailleurs d'en faire état ici)

Pour ma part, je vais fêter l'arrivée de l'année du Tigre dans l'avion. Et peut-être un peu en Afrique du sud, qui a une grande communauté chinoise. Bonne année!!!!!


Une heureuse tigresse,

L.-J.P.

mercredi 10 février 2010

Grande cousine nordique, la Russie a une chose en commun avec le Québec: l'hiver. Cependant, il n'est pas tout à fait le même. Puisque Moscou a un climat continental, il y fait froid du début novembre à la fin février et non pas de décembre à la fin mars, comme c'est le cas ici.

Pourquoi je vous parle de cela? Parce que ce weekend, les Montréalais d'origine russe vont dire bye-bye (oui déjà) à l'hiver lors de la Maslenitsa, une vieille fête païenne qui est aussi devenue le mardi-gras chrétien orthodoxe. Le clou de la journée: manger des tonnes de blinis (avec du caviar, du poisson salé, de la crème sûre) jusqu'à plus faim. Le lendemain, le long carême orthodoxe commence.

La fondation canadienne de la culture russe organise dimanche, jour de la Saint-Valentin, une journée d'activités autour de la maslenitsa. Au menu: blinis, musique russe, danse folklorique, foire artisanale et ... vodka (meilleur antidote contre la saison froide).

Pour ne pas trop brusquer leurs cousins frileux d'ici, les Russo-montréalais ont décidé d'organiser le tout à l'intérieur, au Pavillon des pèlerins de l'Oratoire Saint-Joseph à midi (original comme endroit). Les billets (40$ pour les adultes, 20$ pour les enfants) sont en vente à la Petite Russie (un magasin qui vaut le détour situé au 4955 chemin Queen-Mary) ou au magasin Souvenirs russes (5321 boul. Décarie) ou encore sur le site de la Fondation au www.fccrmontreal.org

Je suis bien triste de ne pas y être (j'ai assisté au dernier événement de la Fondation, OGogol, et avais été très impressionnée), mais je serai dans l'avion en route vers l'Afrique du sud, d'où, je vous promets, je vous enverrai quelques nouvelles.

Bonne maslenitsa... je vous reviens demain pour l'autre alternative à la Saint-Valentin: le Nouvel an chinois.

L-J-P

lundi 8 février 2010


Moe Reinblatt, Harry Mayerovitch, Louis Muhlstock… ces noms vous disent quelque chose? Nous non plus. Et pourtant. Ces peintres juifs ont joué un rôle digne de mention dans l’histoire de la peinture québécoise en illustrant le Montréal des années 30 et 40.

Rien de religieux, si l’on en juge par l’exposition Peintres juifs de Montréal : témoins de leur époque 1930-1945, actuellement au Musée McCord. Au contraire. Fascinés par la ville, la faune urbaine, et la vie en temps de crise économique, ces créateurs documentaient les côtés les plus trash de Montréal. Certains peignaient des putes, d’autres des chômeurs où des scènes de bar des années 30. Ils étaient, en ce sens, résolument en avance sur la majorité des peintres canadiens-français, qui en étaient encore à brosser de beaux paysages un peu plates.

En ce qui nous concerne, c’est précisément pourquoi cette expo vaut le détour. Pour ce côté vrai, profondément ethnographique, totalement ancré dans la réalité son époque. Le nightlife montréalais, tel que décrit par Jack Beder dans Scène de Café (1934, notre photo) ou Cabaret (1938); la misère brute selon Luis Muhlstock dans Jos Lavallée mangeant sa soupe (1938) ou les scènes de racolage d’Ernst Neuman dans Billiard ou Fun (1930) nous montrent un Montréal souvent évoqué, mais rarement représenté dans des œuvres d’art. Un Montréal nocturne et marginal, un Montréal d’asphalte, de tramways et de soupes populaires.

« Picturalement parlant, il n’y avait pas un style juif, explique la commissaire de l’expo Esther Trépanier. Ce qui réunit tous ces artistes originaires d’Europe de l’Est, c’est l’humanisme et la sensibilité de l’être humain. Ils avaient choisi de peindre leur milieu de vie, plutôt que leur religion. »

Avec la montée de l’antisémitisme, les sujets évoluent vers une peinture à caractère plus politique, qui va s’exacerber pendant la guerre. Mais déjà, ces artistes appartiennent à une autre époque. Avec l’arrivée des Pellan, Borduas et autres révolutionnaires de l’art québécois (Refus global, 1948) les Muhlstock, Beder et Reinblatt seront rélégués aux oubliettes de la peinture réaliste.

Raison de plus pour aller voir cette expo en forme de réhabilitation, qui nous rappelle que la contribution juive à la vie culturelle montréalaise ne s’arrête pas au bagel, au smoked meat et à Leonard Cohen. Jusqu’au 2 mai.

J.-C. L

dimanche 7 février 2010

La semaine dernière, un groupe d'intellectuels a lancé Le manifeste du Québec pluraliste en réponse à la soudaine renaissance du débat identitaire, provoquée en partie par le débat qui se déroule en France. Au moment de l'écriture de ce billet, 537 personnes l'avaient déjà signé. La grande majorité d'entre eux sont des universitaires.

Les signataires veulent notamment redonner à l'approche pluraliste ses lettres de noblesse et s'élever contre certains penseurs qui prônent l'imposition au Québec de la laïcité à la française, rappelant que l'État québécois gouverne déjà en appliquant la laïcité. Pour trouver le texte en entier, allez à www.pourunquebecpluraliste.org

Cette initiative nous en rappelle étrangement une autre, une lettre cette fois, lancée en novembre 2007 alors que les travaux de la commission Bouchard-Taylor battaient leur plein. Des centaines d'intellectuels autoqualifiés de "pure laine" avaient signé une lettre semblable, s'opposant aux discours d'intolérance. Plusieurs des mêmes signataires de la lettre d'antan sont aujourd'hui les initiateurs du manifeste.

Quel impact aura ce manifeste? Les semaines qui viendront nous le diront. Si jamais la question vous intéresse, un débat autour de la question aura lieu mardi soir à la Librairie Olivieri dans le quartier Côte-des-Neiges.

On vous laisse deviner l'opinion des deux auteurs de ce blogue sur la dite lettre. Mais disons que les motivations qui nous ont poussé à écrire le guide du Montréal multiple (à paraître très bientôt) et à démarrer ce blogue ressemblent étrangement à celles qui ont mené 537 personnes à signer le manifeste ;-)

Montréal multiple, Montréal pluraliste!

L.-J.P.