mardi 2 février 2010

Belinda Bedekovic', connaissez?

C'est le collègue Philippe Renaud qui nous a mis sur cette piste fumante, après avoir lu un improbable article sur le "keytar", publié hier dans le Guardian.

En ce qui nous concerne, le keytar (ou si vous préférez, la guitare clavier) est le pire instrument musical de tous les temps. Mais là n'est pas la question. La question est: mais bon yenne de bon Yeu, qui est donc cette virtuose vêtue d'un mouchoir, qui fait l'amour à son keytar en direct?

Une petite recherche sur le Net nous apprend que la demoiselle est Croate. Qu'elle a commencé sa carrière comme enfant-vedette et qu'elle vit aujourd'hui de ses danses lascives folklorico-keytaristiques. Selon ce qu'on sait, elle a même joué dans le film Borat, mais en fin de compte, l'extrait aurait été coupé au montage, allez savoir pourquoi.

De toutes façon, une image vaut mille mots. Alors voici un clip. On attend toujours le concert à Montréal...


JCL

dimanche 31 janvier 2010

C’était écrit dans les astres. La meilleure équipe de la Coupe d’Afrique 2010 ne pouvait pas échapper la finale. L’Égypte l’a donc emporté 1-0 dimanche contre le Ghana, dans un match qui sentait bon le poisson frit et la coupe du Monde.

Au café 911 de la rue Jean-Talon, quartier général de la communauté ghanéenne dans Parc-Extension, la déception était palpable, mais pas tragique.

« C’est déjà étonnant qu’on se soit rendus jusque-là, souligne Kingsley Kwateng, patron de la boutique Mama Africa située juste au dessous du 911. Les meilleurs joueurs du Ghana sont blessés. On a fait jouer notre équipe B pendant tout le tournoi. Alors les attentes n’étaient pas si élevées. »

« Disons que c’était une victoire dans la défaite », résume Johnson Opoku, soudeur d’abribus et grand fan de foot (notre photo). Les gars ont fait du bon boulot malgré les circonstances. »

L’Égypte en était à sa troisième coupe d’Afrique consécutive, sa septième au total. Le Ghana, ancienne puissance du foot africain (on les appelle encore les Brésiliens de l’Afrique), plafonne à quatre titres depuis sa dernière victoire en 1992.

La bonne nouvelle, c’est que cette « équipe B », composée de juniors d’à peine 20 ans, annonce des choses intéressantes pour l’avenir. L’été prochain pour le Mondial, les stars du club (Stephen Apia, Michael Esian et Suley Muntery) seront de retour et le Ghana pourrait surprendre avec cet alignement regénéré, fait de vedettes et de novices.

« Si on passe le premier tour, tout est permis, ajoute Johnson. On est dans le même groupe que l’Allemagne, la Serbie et l’Australie. C’est jouable. »

Au risque de se répéter, la Coupe du monde 2010 se tiendra en Afrique du Sud. Une grande première pour l’Afrique, qui n’a même jamais accueilli les Jeux olympiques. La pression sera plus grande que jamais sur les équipes africaines, qui suscitent de grands espoirs à l’échelle du continent noir.

« Si ce n’est pas le Ghana, ce sera l’Égypte. Et si ce n’est pas l’Égypte, ce sera l’Algérie. Et si ce n’est pas l’Algérie, ce sera la Côte d’Ivoire », prédit Eduardo, un Angolais venu écouter le match au 911 avec ses potes Ghanéens.

Chose certaine, c’est au même endroit que ça se passera en juillet.

Le 911 ne paie pas de mine. On dirait une cafétaria sans décoration. Il y a des fils qui pendent du plafond. Et la réception de la tv satellite est loin d'être géniale. Mais c’est le cœur du Montréal ghanéen. La bière n’est pas chère et il y a même de la bouffe africaine pendant les événements spéciaux.

Vers la fin du match, Amina la traiteuse est arrivée avec ses plats chauds, son foulard et son beau boubou folklorique. C’est elle qui avait tout cuisiné. Son poisson grillé goûtait bon, malgré les arrêtes grosses comme des cure-dents espagnols. La Heineken aidait à faire passer la sauce piquante. Une bonne pause au chaud avant de ressortir dans le frette montréalais.

Go Ghana Go!

J.-C.L

Gnaoua Montreal

Le dernier post de Jean-Christophe sur la soirée vaudou m'a inspiré en quelque sorte ma sortie d'hier soir, non pas à Repentigny, mais au Divan Orange sur la Main. Le lien? On y présentait une soirée gnaoua, une musique de transe pratiquée par une confrérie de descendants d'esclaves depuis des centaines d'années.

En fait, c'est assez difficile à expliquer et puisque j'avais déjà fait l'exercice pour le livre (chez un bon libraire près de chez vous le 20 avril), en voici un petit extrait:

"Comme le jazz, cette musique est née de l’adversité qu’ont vécue des esclaves africains après leur déracinement de leur Afrique subsaharienne natale. Organisés en confrérie, leurs descendants qui vivent dans le nord de l’Afrique et qui sont passés maîtres de la musique que leur ont enseignée leurs aïeuls sont aujourd’hui ceux qui portent le nom de Gnaoua. Armés du guembri (un luth-tambour), le qraqeb (des crotales) et de ganga (tambours), les Gnaoua invoquent les esprits à qui ils confient peurs et espoirs. En résulte une musique, rythmée et hypnotisante, utilisée pour induire une transe aux fidèles des Gnaoua".

Depuis quelques 15 ans, le gnaoua vit une grande renaissance, grâce notamment au festival gnaoua d'Essaouira au Maroc à la fin juin.

Alors que la communauté maghrébone grandit à vue d'oeil à Montréal, le gnaoua (qu'on peut aussi écrire gnawa ou gaada chez les Algériens) a maintenant ses adeptes ici aussi. Parmi eux, Nazir Bouchareb (dont vous trouverez le ici) est l'un des plus actifs.

Hier, il avait réuni au Divan orange trois groupes de ganoua et un groupe de flamenco. L'endroit étant petit, l'atmosphère était impeccable pour une soirée gnaoua et les musiciens étaient en grande forme. Une chouette intro au genre et ce, même si l'euphorie que peut causer ce genre de musique ne s'est pas matérialisé pour nous hier soir.

Les Bobards présentent aussi à l'occasion des concerts de gnaoua et le Festival du monde arabe ne manque jamais d'inviter des virtuoses chaque année. On sent que bientôt, les occasions de se frotter à cet art du désert vont se multiplier.